Démarche de soins

Introduction

Virginia HENDERSON, infirmière américaine (1897 – 1996) définie les soins infirmiers et le rôle spécifique du soignant en se basant sur son expérience professionnelle. Elle établie un modèle conceptuel pour une prise en charge pertinente d’un patient.

D’après elle, l’individu malade ou en santé est un tout complet présentant quatorze besoins fondamentaux. Lorsqu’une personne est hospitalisée, en maison de retraite en autre, celle-ci a forcément des besoins perturbés impliquant une dépendance, des besoins fondamentaux perturbés. Le rôle du soignant consiste donc à l’aider à reconquérir son indépendance le plus rapidement possible ou à maintenir ses besoins non perturbés.

La démarche de soins en soi, est un cheminement intellectuel composée d’étapes chronologique à remplir. C’est un processus ayant pour objectif la qualité des soins individualisés. Par contre, il est nécessaire de veiller à l’anonymat de l’usager de la santé lors de la rédaction sur des documents écrits.

Il y a cinq étapes dans la réalisation d’une démarche de soins :

  • Recueil de données
  • Tableau des besoins
  • Plan d’action des soins
  • L’évaluation journalière
  • Devenir de l’usager de la santé

La démarche de soins d’après Virginia Henderson est la méthode de référence pour les soignants dans la prise en charge quotidienne. Pour information, il existe une deuxième méthode; la démarche de soins selon Marjory Gordon, où elle référence onze modes fonctionnels de santé à la place des quatorze besoins fondamentaux. Autrement, la méthodologie de réalisation est identique.

1/ Recueil de données

Le recueil de données a pour but de mieux connaître l’usager de la santé afin de réaliser une prise en charge de qualité. C’est le premier axe de travail dans le cadre de la réalisation d’une démarche de soins. Le soignant réalisera le recueil de données à travers un entretien avec le patient / résident lorsqu’il est en capacité de répondre aux questions et en feuilletant le dossier de soins.

Le recueil de données comportent plusieurs indicateurs :

L’identité de la personne : comprenant son nom et prénom, sa date et lieux de naissance, son âge et sa nationalité (afin de déterminer si il y a barrière de langue)

Date et motif d’entrée : en EHPAD, c’est répondre à la question : pourquoi ne pouvait-il pas rester à domicile? Dire le nombre d’année au sein de la résidence. En clinique, c’est répondre aux questions : suite à quel événement est-il hospitalisé et quel est le mode d’admission dans ce service (post-urgence par exemple)? Indiquer le nombre de jours post-opératoire ou le nombre de jours dans ce service. Intégrer le numéro de chambre

Situation familiale et socioprofessionnelle : connaître si la personne est mariée, a des enfants, sa carrière professionnelle ainsi que son lieu d’habitation

Prise en charge sociale : recenser sous quel régime obligatoire de l’assurance maladie est-il (MSA par exemple), savoir si il a une complémentaire santé (mutuelle) et enfin, connaitre le coût de l’hospitalisation ou du lieu de vie qui lui reste à sa charge (en déduisant les prises en charges APA, sécu, ALD)

Particularité physique : décrire physiquement la personne (couleur des yeux, couleur et coupe de cheveux, son poids, sa taille, son IMC, si il est porteur d’une paire de lunette, d’appareils auditif, de prothèses dentaire et si il a du matériels invasifs (sonde, redon par exemple)

Particularité psychique : sa capacité relationnelle, son autonomie psychique (conscient, orienté dans l’espace et dans le temps, trouble du langage, de l’humeur et de la mémoire)

Particularité motrice : son autonomie pour les déplacements, les soins d’hygiène, l’élimination

Antécédents médicaux et chirurgicaux : décrire les pathologies (cause et conséquences), le rôle du soignant dans sa prise en charge. Connaître si il a des allergies par exemple.

Histoire contextuelle : en EHPAD, histoire de vie (ce qui l’a amené dans le détail à intégrer la maison de retraite). En clinique, histoire de la maladie (hérédité familiale, addiction, suivi médical)

Evénements significatifs : au cours du séjour en résidence (chute par exemple) ou pendant l’hospitalisation

Etat de santé à ce jour : constantes du jour si hospitalisé, algique et bien dormi en EHPAD (comme d’habitude)

Traitements : Préciser le nom du médicament, sa forme (en injection, per os), sa classe ou sa famille (anticoagulant par exemple), en faisant un lien avec ses antécédents ou le motif d’admission et enfin le rôle du soignant en prenant en compte les effets indésirables.

2/ Les quatorze besoins fondamentaux

D’après Virginia Henderson, un besoin fondamental est une importance indispensable à la vie qu’un Homme est contraint de respecter afin de maintenir son harmonie physique, psychologique, social et culturel / spirituel.

Elle recense quatorze besoins fondamentaux, avec un degrés de hiérarchisation. D’après elle, un besoin fondamental ne peut être conquit, que lorsque le précédent est validé.

Les quatorze besoins fondamentaux se retranscrivent le plus souvent, sous forme de tableau où, pour chaque besoin, le soignant indique ses manifestations de dépendance et d’indépendance.

Parfois, une manifestation de dépendance peut se retrouver dans plusieurs besoins. L’essentiel est que la perturbation soit repérée.

A. Respirer

Capacité d’une personne à absorber l’oxygène obligatoire à la fécondation cellulaire et à éjecter le dioxyde de carbone induit par l’oxydation cellulaire.

B. Boire et manger

Capacité d’une personne à prendre et à gober des denrées alimentaires et des boissons, en proportion acceptable pour prétendre son développement, la conservation de ses tissus et préserver l’énergie nécessaire à son organisation pérenne.

C. Éliminer

Capacité anatomique d’une personne à évacuer des molécules corrosives et sans intérêt provenant de divers métabolismes. L’évacuation des déchets se réalise par : l’urine, les selles, la sudation, l’expiration de l’air ingéré et la menstruation.

D. Se mouvoir et maintenir une bonne posture

Se mouvoir :

  • Capacité d’une personne à réquisitionner l’ensemble des membres de son corps, dans le but de réaliser des mouvements volontaire, coordonnés, obligatoire à son confort harmonieux.

Maintenir une bonne posture :

  • Capacité d’une personne à conserver en posture anatomique l’ensemble des membres corporels, en l’absence ou en action, pour que toutes les fonctions du corps soient aptent à se réaliser correctement.

E. Dormir et se reposer

Capacité d’une personne à ingérer convenablement du sommeil et du repos dans un contexte sain, dans le but d’apporter au corps humain l’énergie obligatoire pour réaliser ses tâches journalières ainsi qu’à son confort psychologique.

F. Se vêtir et se dévêtir

Capacité d’une personne à mettre des vêtements adaptés en fonction de sa vie quotidienne, afin de mettre en abri son corps et de conserver sa pudeur.

G. Maintenir la température du corps dans les limites de la normale

Capacité du corps humain à maintenir une température durable dans le but d’obtenir du bien-être.

H. Etre propre et soigné, protéger ses téguments

Capacité d’une personne à maîtriser une hygiène corporelle pour que les téguments puissent réaliser leur mission. L’hygiène corporelle est de doublon avec l’hygiène vestimentaire dans le but de protéger la peau.

I. Eviter les dangers

Capacité d’une personne à se mettre à l’abri contre toute intrusion négative, de l’intérieur ou de l’extérieur de soi, afin de conserver sa santé.
L’objectif est d’avoir la sensation d’être en sécurité physique et psychologique.

J. Communiquer avec ses semblables

Capacité d’une personne à échanger avec d’autres êtres humains ainsi que son environnement, en utilisant le langage verbal et le langage non-verbal (à l’échelle sensorielle, intellectuelle et affective) afin d’échanger ses pensées, ses sentiments, son vécu, ses émotions, ses craintes,de dire ses besoins et de cerner son environnement.
Dans un seul but : amener la personne à être positif et d’assumer sa sexualité.

K. Agir selon ses valeurs et ses croyances

  • Capacité d’une personne à mettre en phase se vie et ses actes à ses pensées philosophiques, représentant des valeurs primordiales.
  • Obligation pour la personne de mettre en place des actes en harmonie avec ses idées et ses valeurs, ce qui procure à trouver un sens à sa vie.

L. S’occuper en vue de se réaliser

  • La personne a acquis et repéré ses facettes sociaux, familiaux et professionnels tout en gardant l’estime de soi.
  • Capacité d’une personne à réaliser des actes physiques, intellectuelles, intimes, philosophiques lui garantissant de tendre vers ses aspirations, de se mettre en valeur et d’avoir la sensation d’être utile pour la société.

M. Se récréer

  • Capacité d’une personne à se divertir à travers un loisir agréable, un divertissement récréatif afin que son corps et son esprit se détente et prenne du plaisir physique, intellectuel, psychologique ou philosophique
  • Développer son épanouissement personnel et obtenir une facilité humoristique.

N. Apprendre

Capacité d’une personne à développer des connaissances et des aptitudes, dans le but de faciliter des actes qui vont dans le sens de garder ou recouvrir la santé.

3/ Plan d’actions

Dans le cadre d’une démarche de soins, le plan d’actions regroupe l’ensemble des actes du professionnel de santé au regard des besoins fondamentaux perturbés de la personne. Ces actions sont justifiées et réalisables. Ils sont en lien direct ou indirect avec sa pathologie, ses antécédents médicaux, son traitement et en lien avec le matériel thérapeutique (exemple sonde urinaire).

Afin de maintenir l’autonomie de l’usager de la santé, le professionnel repère et s’appuie sur ses besoins satisfaits.

Enfin, cet exposé se classe par ordre de priorité, en fonction du plus grand nombre d’actions soignantes et/ou, au regard du niveau de danger lié aux besoins de dépendance.

Le plan d’action se peaufine journalièrement.

4/ L’évaluation journalière

Dans le cadre d’une prise en charge, les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. C’est à dire qu’il est nécessaire d’évaluer les actions entreprises à ce jour. L’objectif est de s’assurer que les actes mis en place sont toujours d’actualité et qu’ils recouvrent les besoins insatisfaits.

5/ Devenir de la personne

La démarche de soins se conclue sur le devenir du soigné. Cette partie prend en compte l’évolution des problèmes de santé. L’objectif est de projeter l’usager de la santé dans un avenir à court, moyen et long terme. Il est nécessaire de prendre du recul sur sa situation en englobant son environnement (la sortie de l’établissement, l’évolution de sa prise en charge au regard de sa pathologie).

Conclusion

Les avantages de la démarche de soins sont les suivants :

  • continuité des soins
  • individualisation des actes soignants
  • coordination de l’équipe pluridisciplinaire
  • établissement de priorité de prise en charge

Hors une question se pose. Dans le contexte actuel, es-ce que la réalisation d’une démarche de soins pertinente est-elle possible?

Réaliser une démarche de soins
réaliste et engagée,
s’arrête à la raison du Nouvel Ordre Mondial

 

10/07/2016

Sources

http://www.infirmiers.com/etudiants-en-ifsi/cours/cours-soins-infirmiers-virginia-henderson.html

https://soins-infirmiers.com/diagnostics_infirmiers.php

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