Bionettoyage hospitalier

1. L’entretien des locaux hospitaliers

A. But

L’hygiène hospitalière est un des moyens d’agir contre les I.A.S. (Infections Associées aux Soins) à l’hôpital ou dans une structure de soins, nommée avant maladies nosocomiales.

L’air contient des poussières mais aussi des germes en suspension (grippe, tuberculose). A chaque déplacement, l’homme propage des cellules mortes de son épiderme (avec ses bactéries) et crée aussi des courants d’air hypothétiquement contaminant.
A l’hôpital, en lieu de vie, mais aussi chez nous, les surfaces et les sols paraissent propres (visuellement) mais sont souvent contaminés par des microbes. De plus, les personnes ayant besoin de soins sont fragiles (par leur pathologie, leur âge).

B. Le rôle du soignant

Il est donc d’entretenir un environnement le plus sain possible pour la personne soignée. Le lieu doit être nettoyé et désinfecté.
Le but est d’éviter la contamination du patient par des germes venant de l’extérieur.

C. Classification des zones

Selon le secteur d’activités et la population accueillie, les techniques et les protocoles de l’entretien de l’environnement varient en fréquence :

  • nettoyage quotidien : zone à risque minimum (zone une et deux)
  • bionettoyage quotidien voir pluri-quotidien : zone à risque

Il existe quatre zones :

  1. zone 1 : secteur n’accueillant pas de malade (bureau)
  2. zone 2 : secteur accueillant des malades non infectieux (psychiatrie)
  3. zone 3 : secteur accueillant des malades fragiles (enfants et personnes âgées)
  4. zone 4 : secteur accueillant des malades dont les défenses naturelles de l’organisme sont diminués (grands brûlés)

2. Les différents produits d’entretien

A. Le détergent

Un détergent est produit contenant du savon, qui rend soluble dans l’eau les particules non solubles entre elles (comme la graisse mais aussi les microbes) car il comporte des tensioactifs. Un détergent a un unique but : nettoyer.

Un détergent a quatre pouvoirs :

  • un pouvoir mouillant : décolle les salissures
  • un pouvoir pénétrant : rentre dans les salissures
  • un pouvoir dispersant : maintient les particules en suspension
  • un pouvoir émulsionnant : fractionne les salissures en petites particules

Le détergeant possède deux actions :

  • une action chimique : qui a pour but de rendre net et propre un endroit ou une surface qui a été sali ou utilisé (exemple : nettoyer la vaisselle).
  • une action mécanique : parce qu’il faut frotter pour décoller justement ces particules de graisse ou germes.

Pour être efficace, nettoyer c’est :

  • un temps d’action à respecter : pour rendre soluble les salissures (en fonction des produits).
  • un bon dosage : il est nécessaire de respecter la concentration. Un produit sous-dosé est impuissant, un produit sur-dosé est corrosif.
  • une bonne température : comprise entre 45°C et 60°C. C’est à cette température de l’eau que le produit est le plus efficace. De plus, l’action de la chaleur, catalyse, améliore le décollement des salissures.

A la fin du nettoyage, la surface concernée est propre mais elle n’est pas désinfectée.

B. Le désinfectant

C’est un produit permettant d’éliminer ou de tuer des micro-organismes vivants et / ou d’inactiver les virus inopportuns portés par des milieux inertes. C’est une action dont l’issue est momentané.

Désinfecter c’est utiliser un désinfectant, une solution qui est en mesure de :

  • tuer des bactéries : l’action bactéricide
  • des virus : l’action virucide
  • des champignons : l’action fongicide
  • leurs spores : l’action sporicide

On ne désinfecte que ce qui est propre sauf si il y a une contamination d’une surface par une matière biologique. Dans ce cas, on recouvre la surface de désinfectant afin de prévenir le risque infectieux, ensuite on refait une procédure de nettoyage et de désinfection.

C. Le bionettoyage

En milieu de soins, le bionettoyage est annoncé lorsque les soignants réalisent trois étapes :

  • nettoyer
  • rincer
  • désinfecter

Le plus souvent, pour réaliser un bionettoyage d’une chambre ou d’un matériel, les soignants adoptent un seul et unique produit qui possède les deux actions (détergeant et désinfectant). C’est un gain de temps (pas d’étape de rinçage). Cependant, il est plus désinfectant que détergeant.

Bien sur, il est nécessaire de respecter le dosage. Généralement il s’agit d’un sachet de produit pour huit litres d’eau. La température quant à elle peut-être chaude ou tiède. L’efficacité du mélange a une durée de vingt quatre heures.

D. Les abrasifs

Composé de substances minérales, l’abrasif décolle les salissures mais il n’a pas de pouvoir lavant (exemple : la crème à récurer).
Il est utilisé pour le nettoyage des surfaces tels que la baignoire, les éviers, les cuvettes de WC.

Il faut :

  • verser le produit pur sur une lavette humide
  • on applique
  • on frotte
  • on rince abondamment

E. Les détartrants

Enlèvent le tartre (dépôt de sels calcaires). Le tartre est le support idéal de certains micro-organismes. Il ne désinfecte pas. Il ne faut jamais l’associer à l’eau de Javel.
Ils sont utilisés pour les WC et la robinetterie des salles de bain.

3. Les règles d’hygiène

L’hygiène de l’environnement est considéré comme un soin.

A. Par rapport au soignant

  • tenue vestimentaire propre
  • pratiquer un lavage simple des mains avant et après les opérations de nettoyage.
  • protéger ses mains en utilisant des gants à usage unique (une paire de gants par environnement) ou à manchettes longues (M.A.P.A., nominatif, lavé à l’eau et au savon).

B. En cas de projection

En cas de projection pure ou diluée :

  • risque de brûlure chimique sur la peau : donc rincer abondamment à l’eau courante
  • en cas de projection dans les yeux : rincer au sérum physiologique ou à l’eau courante

Ensuite il faut prévenir l’infirmière et aller à la médecine et santé de travail.

C. Par rapport au produit

  • respect de la dilution :  bon dosage

Si le dosage est trop faible : résultat attendu inefficace, perte de temps, surcoût de la non-qualité.

Si il y a un surdosage de produit : risque de détérioration du support, consommation excessive de produit, difficultés de rinçage, résidus sur le support.

  • comment mettre le produit : mettre la solution après avoir versé l’eau et non le contraire pour qu’il n’y ait pas de projection du produit pur et éviter l’excès de mousse.
  • si usage sur du matériel qui entre en contact avec la peau : rincer le matériel car il y a des risques d’allergie et de toxicité (jouets en pédiatrie)
  • Respect de la logique : du plus propre vers le plus sale, du plus proche du patient au plus loin du patient, du haut vers le bas
  • rempotage : rangement de nouveaux produits derrières les produits déjà stockés (rempote le fond)
  • utilisation du produit adapté : à ce que nous voulons faire (nettoyer : détergeant)
  • stockage : dans un local ventilé et à l’abri de la lumière et de la chaleur
  • étiqueter les flacons : nature du produit et date de préparation
  • temps de contact : respecter les conditions d’utilisation
  • la température : respecter les conditions d’utilisation
  • péremption : attention aux dates de péremption

Dans tout les cas, il ne faut jamais diluer dans un contenant alimentaire ni mélanger deux produits.

4. La désinfection d’une chambre

A. L’essuyage humide

Il permet de réaliser un dépoussiérage et d’enlever les salissures en évitant de les remettre en suspension dans l’air. Il concerne uniquement le mobilier, l’environnement proche du patient (pas la salle de bain).

  • il se réalise à l’aide de chiffonnettes soit à usage unique, soit en textile réutilisables (de couleur)
  • les chiffonnettes sont imprégnés d’une solution nettoyante et désinfectante (bionettoyante).
  • effectuer un seul passage sur la surface à nettoyer.
  • concernant la chiffonnette en textile : on l’utilise en pliant en quatre pour l’utiliser huit fois.

En respectant la logique de bionettoyage, l’essuyage humide s’effectue toujours dans l’ordre suivant :

  1. Au dessus du lit : dessus de lampe, rampe d’éclairage, prises de fluides médicaux
  2. Lit (lorsqu’il n’est pas occupé) : potence, barrières du lit, matelas (dessus et dessous), encadrement puis les pieds du lit
  3. Tables et accessoires : table et adaptable, table de nuit, téléphone, télécommande, sonnette
  4. Lieu de rangement : les placards
  5. Le reste : les poignées de porte et les interrupteurs

L’essuyage humide est du rôle propre de l’aide soignant.

B. Le balayage humide

C’est le balayage humide qui a pour objet de reprendre la saleté non adhérente sur les sols secs et lisses.
Le balayage humide :

  • enlève 90% des poussières
  • se réalise avec un balai trapèze sur lequel nous fixons une gaze à usage unique ou non
  • le balai ne doit jamais être soulevé et on ne revient jamais en arrière
  • une pièce correspond à une gaze
  • si gaze à usage unique : la jetée dans le sac à déchets avec les gants
  • si gaze réutilisable : l’éliminée dans un sceau ou un filet pour lavage en machine.

L’entretien du sol de la chambre s’effectue après.
Le balayage humide et l’entretien du sol est du rôle propre de l’A.S.H. (Agent des Services Hospitaliers).

L’hygiène hospitalière réalisée
à travers le bionettoyage,
s’arrête à la raison du Nouvel Ordre Mondial

 

Article publié le, 22/12/2015

Sources

https://sbssa.ac-versailles.fr/IMG/pdf/5_ACTUALITE_EN_HYGIENE_HOSPITALIERE_Hygiene_des_locaux_Mode_de_compatibilite_.pdf

http://www.cclinouest.com/PDF/ARLIN/2007-05_Brest/RRESO_240507-2.pdf

http://nosobase.chu-lyon.fr/recommandations/cclin_arlin/cclinSudOuest/2005_desinfection_sterilisation_CCLIN.pdf

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3 commentaires sur “Bionettoyage hospitalier
  1. mathey dit :

    Il faut surtout des gants jetables

  2. mathey dit :

    La vidéo montre que la personne porte des gants mapa ou ils sont jetés mais en aucun cas ne doivent être réutilisé, pas un bon point pour cette video, il doit etre porté des gants jetables qui sont jetes à chaque désinfection de chambre et pour chaque endroits.

  3. mathey dit :

    Gants mapa nominatifs ! A laver pas d’accord pas en hospitalier ou tt autres secteurs de soins

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