Hygiène hospitalière

0. Histoire de l’hygiène

  • l’antiquité : Hygie est la déesse grecque de la santé, de la propreté et de l’hygiène. Le mot actuel « hygiène » provient de ce Dieu.
  • civilisation romaine : l’hygiène de l’environnement est mis en place à travers la création d’aqueducs ainsi que l’hygiène individuelle se développe à travers la création de wc publiques nommé « latrine ».
  • du moyen âge au XVIIIe siècle : la période du « tout à la rue ». C’est à dire que les excréments et les eaux usées sont déversés dans les rigoles au sein même des rues.

Dans les hôpitaux par contre, il n’existe pas de chambre. Dans une vaste pièce, on y trouve au centre les opérations chirurgicales des malades, avec tout autour des grands lits comprenant en moyenne cinq patients par lit. Il y a à cette époque une forte contagion (épidémies). La saleté des lieux et la nourriture infecte contraste avec la beauté des constructions.

  • la renaissance : il y a une croyance typique durant cette période; le corps est protégé sous la saleté. L’idée est que l’eau rentre dans le corps par les pores de la peau et par conséquent transmet les maladies. C’est l’époque de la poudre sur le visage et du parfum. Epidémie de peste. Se laver les mains une fois tout les trois jours. La toilette corporelle devient sèche. On utilise uniquement un linge propre pour frotter les parties visibles du corps. Un habit blanc qui était devenu noir était bien perçu il avait capté la saleté, donc plus besoin de se laver.
  • Début de XIXe siècle : les médecins faisaient à mains nues, en costume de ville sans même se changer, ni se laver les mains : un examen gynécologique, une amputation, percer un abcès.
  • Fin du XIXe siècle : développement de l’hygiène : naissance de l’asepsie et de la chirurgie moderne : Semmelweis (1846) met en évidence la transmission manu-portée (importance du lavage des mains). Louis Pasteur comprend les mécanismes de transmissions des maladies infectieuses. Robert Koch découvre le bacille de la tuberculose. Emile Roux comprend qu’il faut utiliser des instruments non souillés (stérilisation).
    Toilette et vaccination seront les maîtres mots de cette époque. Des mesures ont été mises en place : stérilisation par ébullition puis par autoclave à vapeur sèche des instruments et des pansements. antisepsie des mains et de la peau, isolement des malades septiques, tenues chirurgicales adaptées, architecture hospitalière avec des vraies salle d’opération.

Pour limiter les risques infectieux dans les établissements de soins, la qualité de l’eau, de l’air, l’entretien des locaux, les précautions du soignants, la gestion des déchets liés au soins sont réglementés à travers :

  • le code de la Santé Publique
  • la circulaire numéro 2000 – 243 du 22 avril 2002 relative aux légionelles dans les établissement de santé.
  • les articles 50 et 51 provenant du manuel « les 100 recommandations pour la surveillance et la prévention des infections nosocomiales » datant de 1999.

Il y a un contrôle régulier de la part d’instances sanitaire de l’Etat en fonction des zones à risque au sein de structure de soins.
Quatre zones sont recensées :

  1. zone 1 : R.I.N. Risques Infectieux Négligeables (les bureaux)
  2. zone 2 : R.I.M. Risques Infectieux Modérés (service de psychiatrie)
  3. zone 3 : H.R.I. Hauts Risques Infectieux (E.H.P.A.D., service de pédiatrie)
  4. zone 4 : T.H.R.I. Très Hauts Risques Infectieux (grand brûlé, service de chirurgie, bloc opératoire)

Des commissions de vigilance sanitaire sont mises en place au sein d’établissements de soins pour faire remonter les incidents au niveau national comme par exemple l’instance de l’alimentovigilance (concerne l’alimentation).

1. La qualité de l’eau

En établissement de soin, la qualité de l’eau est contrôlée par des labo indépendants, accrédités par le C.O.F.R.A.C. (COmité FRançais d’ACcréditation). Leur mission est de réaliser des analyses d’auto-surveillance de l’eau en appliquant des méthodes et une grille de lecture de résultats répondant aux normes A.F.NOR. (Association Française de NORmalisation).

Il existe différents types d’eau :

1.1. L’eau froide non traitée

L’eau froide non traitée provient du réseau public. Il convient à la consommation potable. L’utilisation de l’eau froide non traitée est la suivante :

  • l’eau de boisson
  • la préparation des aliments
  • réaliser des soins d’hygiène standard

Les critères de potabilité sont définis par la directive Européenne 98 / 83 CE relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine. En France, c’est le décret d’application numéro 2001 / 1220 datant du vingt décembre deux milles un. Il existe quatre critères de qualité :

  • goût agréable
  • inodore
  • limpide
  • fraîche (de quinze à dix huit degrés)

1.2. Les eaux spécifiques traitée

? L’eau chaude

C’est de l’eau chaude sanitaire mais non potable parce qu’ il y a un risque de prolifération microbienne. La température au robinet doit être inférieure à soixante degré.  Cet eau favorise la corrosion et le tartre.
L’utilisation est la suivante :

  • lavage des mains
  • l’entretien des locaux
  • soins d’hygiène standard
? L’eau bactériologique maîtrisée

C’est de l’eau ultra propre (intermédiaire entre l’eau courante et l’eau stérile).
L’utilisation est la suivante :

  • soins des patients vulnérables (grands brûlés, les immunodéprimés)
  • rinçage terminal de certains matériels (endoscope digestif et pulmonaire)
? Les eaux pharmaceutiques

C’est une solution qui ne s’injecte pas. Cette eau est utilisée pour des préparations injectables, pour la préparation et la fabrication de médicaments.

1.3. Les risques de contamination de l’eau

Il existe deux facteurs de risques de contamination de l’eau :

  • Le réseau public externe : dues à des agents pathogènes ou des substances toxiques
  • Le réseau public interne à l’établissement : origine fécale, stagnation dans les canalisations, contamination d’un point de distribution par l’utilisateur

L’E.O.H. (Equipe Opérationnelle d’Hygiène) réalise des prélèvements bactériologiques une fois par trimestre.

? La légionellose

C’est une infection humaine provoquée par des bactéries; les légionella. Celles-ci se développent en milieu humide par exemple dans l’eau stagnante et dans les canalisations.
C’est une contamination par inhalation d’aérosols de fines gouttelettes contaminées.

Maîtriser les risques de légionellose passent par :

  • la formation du personnelle
  • la maintenance du réseau
  • la démarche qualité
  • la traçabilité

Pour prévenir le risque de légionellose, le rôle du soignant en établissement de soins est de :

  • nettoyer les carafes
  • réaliser la traçabilité de l’entretien
  • signaler toute anomalie (odeur, couleur, saveur)
  • l’entretien régulier des sanitaires, de la robinetterie

2. La qualité de l’air

L’air est transporteur de bactéries véhiculées par des particules. Plus les particules sont petites, plus elles restent en suspension dans l’air. Mais elles finissent toujours par se déposer sur la surface.
Les risques de contamination de l’air appelée l’aérobiocontamination augmentent lors :

  • de fort mouvement dans le lieu
  • d’une forte présence humaine

Dans les établissements de soins, la norme A.F.NOR. S 90-351 détermine un taux maximal de particules par mètre cube d’air en fonction des zones.
Par exemple la tolérance en zone 4 d’U.F.C. (Unité Formant une Colonie) doit être inférieur à 10 U.F.C. par mètre cube.

? L’aspergillose

Est la plus connu des maladies infectieuses. L’air conduit les spores de ce champignon appelé aspergillus puis inhalé par les personnes. Généralement inoffensif, il est dangereux pour les patients immunodéficients qui sont contaminés par voies respiratoires. Les spores de ce champignon s’intègre facilement dans le papier peint et dans le plâtre.

3. L’entretien des locaux

L’entretien des locaux s’organise autour de deux pôles :

Dans les deux cas, c’est l’utilisation d’un produit faisant fonction de détergeant et de désinfectant (le bionettoyage) avec des techniques d’entretien spécifique (balayage humide par exemple).

4. Les précautions du soignants

Le soignant doit adopter des mesures pour se protéger ainsi que les patients de la transmission de germes pathogènes.
Il existe deux types de précaution :

  • les précautions standard : l’hygiène des mains avec le S.H.A. (Solution Hydro Alcoolique) le port d’une blouse, de gants à usage unique et les tenues de protection (sur-blouse par exemple)
  • les précautions complémentaires : adoptées en fonction de la pathologie du patient (type contact, gouttelette, air)

5. La gestion du matériel lié aux soins

5.1. D.A.S.R.I.

Les D.A.S.R.I. (Déchets d’Activités de Soins à Risques Infectieux) sont des containers spécifiquement dédiés :

  • aux soins invasifs où l’on place les outils souillés de matières biologiques dans des collecteurs D.A.S.R.I. (ou boîte à aiguilles)
  • aux soins réalisés sur une personne infectée en chambre isolée (gants de protection, sur-blouse, pansements, etc), afin de limiter les transmissions croisées au sein de la structure de soins

Autrement, tous les autres déchets sont placés dans des sacs poubelles classiques puis incinérés.

5.2. La stérilisation

Le pôle de stérilisation est destiné principalement à tout les outils utilisés lors par exemple d’une intervention chirurgicale, de dispositifs médicaux et dentaires réutilisables. L’objectif est de détruire les micro-organismes par un procédé physique et chimique.
Le process de stérilisation passe par différentes phase :

  • la phase de pré-désinfection (sur le lieu de soins)
  • le transport vers le pôle
  • le lavage (détergeant, rinçage et désinfection à 93 degré pendant trois minutes puis séchage)
  • réfection du plateau d’outils par spécialité manuelle
  • le conditionnement 
  • la stérilisation dans l’autoclave (134 degré pendant dix minutes)
  • la distribution  vers les établissements

Dans ce pôle, ils réalisent aussi le conditionnement des matériaux à usage unique.

5.3. Le circuit du linge

Le linge sale est trié puis entreposé dans quatre sacs différents (généralement de couleurs différentes) :

  • le sac marron : concerne les draps house
  • le sac bleu : concerne la tenue de travail
  • le sac blanc : concerne le linge blanc (drap, alèse)
  • le sac violet : concerne le petit linge (taies d’oreiller, serviettes et gants de toilette, pyjama)

Ensuite le linge part au pôle de blanchisserie dans une armoire spécifique, pour être nettoyer en respectant une procédure spécifique puis acheminé dans les services de la structure de soins. C’est le circuit du linge.

La qualité
de l’hygiène hospitalière,
s’arrête à la raison du Nouvel Ordre Mondial

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29/01/2016

Sources

http://www.fhf.fr/gestion-hospitaliere/hygiene-hospitalier.html

http://www.hpci.ch/files/formation/hh_q-air-hopital.pdf

http://www.hosmat.fr/hosmat/bonnes-pratiques/eau/eau-etablissements-sante.pdf

http://www.inrs.fr/metiers/environnement/collecte-tri-traitement/dasri.html

http://afs.asso.fr/cms/uploads/pdf/echanges/fichesterilisation-hygiene_2003-1-2.pdf

http://www.infirmiers.com/les-grands-dossiers/hygiene/le-circuit-du-linge-hospitalier.html

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