Précautions du soignant

1. Précautions standards

C’est une recommandation à travers des circulaires comme la DGS / DH n°98 / 249 du 20 avril 1998 (méfiance du transfert de micro-organismes infectieux lors de soins dans les institutions de santé).
Les règles de base sont appliquées tout les jours, pour tout les professionnels, pour tout les patients, les résidents, lors de tout soin.

A. L’hygiène des mains

La main est le principal mode de transmission des micro-organismes. 75 à 90% des infections nosocomiales sont d’origine manu-portée selon certains auteurs.
Il existe deux types de flores de la main : la flore résidente (propre à chacun, nous défend donc peu pathogène) et la flore transitoire (germes qui se transmettent facilement, pathogène).

Les micro-organismes s’installent avec facilité sous les ongles, en dessous des bagues. C’est pourquoi, les pré-requis des soignants à l’hygiène des mains sont :

  • aucun bijoux aux mains
  • ongles rétrécis et sans vernis
  • blouse avec des manches courtes
? La Solution Hydro-Alcoolique (S.H.A.)

L’efficacité du S.H.A. :

En terme de suppression de la flore transitoire et résidente accrochée sur les mains, la solution hydro-alcooliques est de loin la plus conseillée. Elle est au moins équivalente et souvent supérieure à celle du lavage des mains en utilisant un savon doux ou un antiseptique.
Il est donc préconisé de pratiquer une hygiène des mains par fiction hydro-alcoolique, en remplacement du lavage simple, du lavage hygiénique, et du lavage chirurgical.

Les avantages :

  • augmentation de l’efficacité
  • aisance d’utilisation
  • tolérance améliorée
  • action instantanée
  • forte accessibilité

Contre-indication :

La seule exception, c’est lorsque les mains sont visiblement salies ou souillées. Dans ce cas, il est obligatoire de réaliser un lavage simple des mains et ensuite appliquer la solution hydro-alcoolique.
La friction hydro-alcoolique n’est pas efficace ou conseillée aussi quand les mains sont blessées, mouillées, poudrées.

Les dérives :

Les produits hydro-alcooliques ne doivent pas être utilisées pour désinfecter des outils (bandes de contention par exemple) et les surfaces de travail (adaptable de la chambre par exemple).

Le rythme du nettoyage des mains :

  1. avant contact avec un patient
  2. avant le geste aseptique (soin)
  3. après avoir été en contact matériel ou physique
  4. après contact avec le patient
  5. après contact avec l’environnement du patient
? Comment se laver les mains?

Lavage des mains simples :

D’une durée d’une minute.

  • ouvrir le robinet (si c’est le cas avec un essuie-tout)
  • bien se mouiller les mains et les poignets
  • mettre une dose de savon antiseptique
  • faire mousser le produit paume contre paume
  • masser fermement le dos des mains
  • insister sur les inter-digitaux, le pourtour des ongles, la pulpe des doigts
  • finir par les poignets
  • rincer énormément
  • couper le robinet avec un essuie-tout
  • s’essuyer avec application les mains et les poignets

Lavage des mains avec du S.H.A. :

D’une durée de trente secondes.

  • mettre une dose de S.H.A. dans le creux d’une main
  • étaler la solution paume contre paume et des deux cotés du dos des mains
  • friction paume contre paume
  • friction paume contre dos de la main opposée (fois deux)
  • friction sur les inter-digitaux, le pourtour des ongles, la pulpe des doigts
  • finir par une friction sur les poignets
  • ne pas rincer
  • les mains doivent être secs

B. Le port des gants

L’objectif de mettre des gants est pour :

  • décliner le transfert de micro-organismes par voie manu-portée : soignant vers patient et inversement
  • défendre les mains des soignants concernant : les souillures, les produits chimiques lors des tâches de nettoyage et de désinfection
  • défendre le soignant concernant le risque infectieux et le risque rétrospectif au sang et aux liquides biologiques

Il est fortement recommandé de :

  • permuter de gants entre chaque personne hospitalisée et entre chaque soin
  • réaliser une hygiène des mains avant et après la pose des gants
  • ôter les gants dès l’instant où le soin est terminé avant de manier l’entourage du patient (mobilier)
  • exclure de mettre des gants pendant les contacts avec les téguments sains (importance contact peau)
  • exclure la friction et le lavage des gants
  • exclure les gants de soins dans les poches en réserve

C. La tenue vestimentaire

Il est fortement recommandé de :

  • mettre au sale tout les jours ou si elle est souillée
  • préserver la blouse pour les cas de soins particuliers
  • ne pas prendre la blouse pour le nettoyer à domicile (ramener des micro-organismes)
  • mettre des souliers spécifiques au travail, silencieux, non glissants, aisément nettoyables et fermés
  • exclure de mettre dans les poches du matériel personnel et professionnel (téléphone portable, scotch)

D. La tenue de protection

Il existe trois tenues de protection :

  1. Lunette de sécurité : lors de soins avec risque d’éclboussement de sang, de liquides biologiques
  2. Tablier plastique à usage unique : à porter lors des soins mouillants, souillant ou exposant à des projections, à changer à la fin d’une séquence de soins, avant de s’occuper d’un d’un autre patient
  3. masque anti-protection : à mettre automatiquement par le soignant lors de soins avec une forte probabilité d’éclaboussement de sang, de liquide biologique (selle, urine par exemple) ou lorsqu’il présente une toux, une rhinite (lui ou le patient)

2. Précautions complémentaires

Elles sont mises en place en annexe des précautions standards. Son but est de stopper l’expansion d’un agent infectieux connu ou présumé depuis un patient et de son environnement direct.
Elles sont en rapport avec la prévention de la transmission croisée.
La transmission croisée est la diffusion de certains microbes d’un patient à un autre ou d’une chambre à un patient.
Les dispositifs pour anticiper la transmission croisée sont les suivants : déterminer les moyens contre la contagion des micro-organismes, les mettre en place à un instant pertinent et dans le bon lieu.
La prévention comprend les précautions standards et les P.C. (Précautions Complémentaires) qui concernent les patients ciblés :

  • P.C. type contact (C)
  • P.C. type gouttelettes (G)
  • P.C. type air (A)

La mise en place d’une P.C. relèvent d’une prescription médicale. Le patient est donc obligatoirement isolé, dans une chambre seule, ou le cas échéant dans une chambre double si le patient à coté de lui est sous la même P.C.. Les chambres infectées sont repérables avec une étiquettes signifiant le type de précaution collée sur la porte, et tout le matériel sur un chariot à coté de la porte extérieure.

A. Précaution complémentaire type Contact

Le patient est contagieux par contact (peau, draps, verre) par des maladies comme par exemple la gale ou les B.M.R. (Bactéries Multi-Résistantes) types contact.
C’est une transmission manuportée.

Dès l’instant où une protection complémentaire est mise en place, le patient et sa famille doivent être informés ainsi que des précautions sont misent en oeuvre et indiquées sur tout les supports y compris la porte de la chambre concernée.

Techniquement, en entrant dans la chambre il faut :

  1. réaliser une friction des mains
  2. mettre des gants à usage unique si il y aura contact avec des liquides biologiques.

Avant de sortir de la chambre :

  • ôter les gants et les jeter directement dans un sac jaune D.A.S.R.I. (Déchets d’Activités de Soins à Risques Infectieux) et mettre sur ses mains une solution hydro-alcoolique.

Lors des soins :

  • mettre une sur-blouse ou un tablier

Le matériel :

  • privilégier le matériel à usage unique mais par exemple lorsqu’on utilise un tensiomètre, celui-ci doit rester dans la chambre du patient puis est désinfecté lors de sa sortie.

Dans cette situation, il est préférable de favoriser la chambre seule (ou avec une personne ayant la même pathologie que lui), limiter les déplacements du patient hors de sa chambre et l’indiquer sur le bon d’examen.

B. Précaution complémentaire type Gouttelette

C’est une transmission de germes à travers la sécrétion trachéo-bronchique (par la voix aérienne supérieure; gorge, trachée) par éternuement et la toux.
C’est une transmission aéroportée.
Il faut rester à minimum trois mètres pour ne pas être en danger, autrement il faut mettre un masque chirurgical, une paire de gant, une sur-blouse et des lunettes si le patient tousse beaucoup. Le soignant peut s’équiper dans la chambre si il est à trois mètres de la personne.

Trois exemples de maladie où une précaution complémentaire type Gouttelette doit être mise en place :

  • la grippe,
  • la méningite.
  • la coqueluche.

C. Précaution complémentaire type Air

C’est une transmission de germes par la voix aérienne inférieure (poumons).
C’est une transmission aéroportée

La porte de la chambre doit être fermée. Il est obligatoirement dans une chambre seule (besoin de renouveler l’air). Comme matériel, il faut s’équiper avant de rentrer dans la chambre d’un masque canard, de gants et d’une sur-blouse. La tuberculose est le type de maladie qui déclenche une P.C. type Air.

D. Précautions exceptionnelles

Les précautions exceptionnelles interviennent lorsqu’une maladie due à des micro-organismes est susceptible de devenir une épidémie sur le plan national voir internationale.

Dans ce cas là, le patient doit être isolé et pris en charge dans une structure désignée par l’Etat, un E.S.R.H. (Etablissements de Santé de Référence Habilité).

Les soignants quant à eux, doivent avoir une protection complète de la tête aux pieds :

  • des gants d’examens (remontant jusqu’aux coudes)
  • des lunettes de protection biologique
  • une blouse une pièce
  • des sur-chaussures
  • un masque FFP2
  • une charlotte

Tout les matériels à usage unique doivent être évacués dans des sacs D.A.S.R.I..

Concernant l’hygiène de la chambre du patient et l’entretien du matériel de soins, il est nécessaire de réaliser un bionettoyage hospitalier puis ensuite une désinfection à l’eau de Javel.

3. L’ A.E.S. (Accident d’Exposition au Sang)

C’est un contact avec du sang ou tout autre liquide biologique et impliquant :

  • une agression cutanée : piqûre, coupure avec du matériel souillé
  • une jaillissement sur peau lésée : plaie, eczéma
  • une éclaboussement sur muqueuses : œil par exemple

Le risque est la transmission de micro-organismes infectieux comme le virus du S.I.D.A. par exemple.

Si contact sur voie cutanée sang ou matières biologiques : lavage des mains avec savon puis appliquer la S.H.A..

A. Les mesures préventives

Les mesures préventives sont :

  • les précautions standard
  • gestion des surfaces souillées (désinfection avant et après soin)
  • l’élimination des déchets souillés biologiquement dans les bacs D.A.S.R.I.
  • la vaccination contre l’hépatite B est obligatoire pour les professionnels de santé
  • prélèvement biologique, linges et instruments souillés transportés dans un emballage étanche et fermé.

B. Réaction lors d’un A.E.S.

La conduite à tenir lors d’un A.E.S. :

  • si effraction cutanée : ne pas faire saigner, nettoyer à l’eau et au savon puis rincer, désinfecter par trempage de 5 à 10 minutes dans une solution Dakin ou Bétadine dermique (jaune).
  • si sur muqueuse: rincer longuement au sérum physiologique ou à l’eau courante.

Ensuite et dans tout les cas, il faut prévenir le responsable hiérarchique puis :

  • consulter un médecin (médecine du travail ou urgence)
  • déclarer l’ A.E.S. dans les 48 heures au bureau du personnel
  • avoir un suivi médical pendant 6 mois (sur décision médicale)

Les précautions
standards et complémentaires,
s’arrêtent à la raison du Nouvel Ordre Mondial

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17/12/2015

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Un commentaire sur “Précautions du soignant
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