Le conflit de loyauté

Le conflit de loyauté

Introduction

Iván Boszormenyi-Nagy était un praticien en santé mentale américain du XXᵉ siècle. Ses travaux reposait sur la relation familiale. Il a sorti un livre en mille neuf cent quatre vingt quatre intitulé : « Invisible loyalties ». Cet ouvrage traite et dégage un concept lié au conflit de loyauté. Beaucoup de thérapie familiaux s’en inspire actuellement pour accompagner l’enfant dans la séparation.

Il est nécessaire de différencier le conflit de loyauté du Syndrome d’Aliénation Parentale.

Laurent Martinez

A. La notion de loyauté

La loyauté a pour étymologie la loi. Dans la sphère familiale auxquelles nous appartenons, cela revient à respecter ses codes peu importe sa forme. Nous devons y rester fidèle. C’est une reconnaissance inconsciente du milieu où nous sommes issus.

En tant qu’adulte et parent, c’est de sa responsabilité, de son devoir de prendre en charge l’enfant dépendant. Il doit y rester fidèle. Pour un enfant, il doit rester fidèle à sa famille et son fonctionnement car elle lui a permit de grandir peu importe comment. Le formatage naturel d’un fonctionnement au sein d’un environnement implique probablement être loyal à cela. Cela est une piste d’explication concernant la répétition de comportements non adaptés (alcoolisme, inceste, maltraitance, croyance, ect) sous la forme d’une transmission de génération en génération. L’enfant est-t-il redevable du système auquel il appartient? Peut-t-il s’en libérer pour tendre vers sa propre vérité?

Lors d’un changement d’environnement subis, comme par exemple un placement en MECS, pourquoi certains enfants se mettent volontairement en échec? Pourquoi certains veulent retourner à domicile alors qu’ils étaient considérés en danger? Dans le cadre de la notion de loyauté, c’est probablement une forme ressentie de trahison envers ses paires et de responsabilisation de la situation et du mal-être de ses parents.

B. Le conflit de loyauté

Lors d’une séparation, il est tout à fait normal et naturel pour un enfant davoir des difficultés à trouver sa place car il aime ses deux parents. « Si je passe du temps avec papa, je trahirai ma mère et elle m’aimera moins ». Dans un premier temps, il aura une posture de vouloir faire plaisir aux parents respectifs en leur présence, c’est-à-dire de tenir un discours en adéquation avec ce qu’ils veulent entendre. Cela passe aussi par être plus gentil qu’à l’habitude pour toujours se sentir aimer.
C’est aux parents d’écarter l’enfant du conflit parental qui a engendré la rupture. La communication, la réassurance est la base. Toutefois, il est plus facile pour l’enfance de faire ce travail lorsqu’il est jeune plutôt qu’en étant adolescent. L’âge de discernement marque un tournant dans la prise en charge.

Les prémisses du conflit de loyauté interne passent par un choix de rester auprès du parent le plus fragilisé par la rupture. L’ambivalence interne non entretenue par les parents ayant une posture bienveillante à son égard s’échappe avec le temps.

Le conflit de loyauté ressenti par l’enfant revient à faire un choix entre ses 2 parents. Les propos révélateurs sont : « je préfère être avec papa, il est plus gentil ». Lorsque les parents ne sont pas en mesure d’accompagner son fils ou sa fille dans cette épreuve, une médiation familiale est pertinente. Cette médiation permet de réduire le conflit pour limiter les répercussions chez les petits.

C. Le Syndrome d’Aliénation Parentale

Il possède ses fondements dans le conflit de loyauté. L’aliénation parentale peut-être une forme de maltraitance psychologique exercée sur l’enfant. C’est généralement une manipulation conscience ou inconsciente de la part de l’adulte afin d’instrumentaliser son gosse pour se venger de son ex-conjoint.

Lorsque le deuil de la séparation a été bâclé ou par exemple quand l’une des parties a le sentiment d’avoir été trahie ou violenté, la personne peut se dire que la punition sera de l’empêcher de voir son enfant à terme. Ce dernier qui n’a rien demandé, suit le mouvement en étant imprégné des discours nocifs. La vengeance personnelle superpose l’intérêt des petits.

L’âge de l’enfant victime va conditionner la virulence du Syndrome d’Aliénation Parentale. Un garçon qui n’a pas encore l’âge de discernement est fondamentalement plus manipulable qu’un adolescent qui s’interroge et questionne ses parents. De plus, l’effet de l’influence varie selon le mode de garde. La garde principale forcément, augmente sa présence dans un environnement toxique.

Afin d’obtenir la rupture de lien, l’adulte auteur de cette attitude, peut :

  • se victimiser,
  • utiliser le chantage affectif,
  • se servir d’un événement pour le grossir afin de s’en servir contre l’ex en impliquant l’enfant (maltraitances physiques).

Conclusion

Eloigner le mineur du conflit parental pour se centrer sur son intérêt est l’objectif a atteindre. Comment faire et avec quels outils? Est-t-il réaliste des yeux d’un jeune de ne pas se sentir coupable de la rupture de ses parents?

Le conflit de loyauté, mécanisme naturel jalonnant le processus de deuil, s’intègre-t-il de la manière suivant l’âge, la culture de l’enfant? Le cercle primaire familial a-t-il son rôle à jouer dans l’accompagnement?

Enfin, le syndrome d’aliénation, formule barbare qui convient tout de même bien aux parents qui engraine son môme à provoquer une rupture avec l’autre partie possède-t-il différents degrès?

Accompagner le conflit de loyauté
ressenti par l’enfance,
s’arrête à la raison du Nouvel Ordre Mondial

Nunsuko, artiste conceptuel

Article publié le, 28/02/2022

Sources

https://www.cairn.info/revue-enfances-et-psy-2012-3-page-46.htm

https://www.lextant-avocats.com/fr/actualites/id-70-conflit-loyaute-parole-enfance

Cliquer pour accéder à Enfant_clivage_loyaute_JDJB257.pdf

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