Le processus suicidaire

Le processus suicidaire

Introduction

Il est estimé en France selon l’ONS (Observatoire National du Suicide) que le nombre de tentative de suicide s’élève entre cent quatre-vingt mille et trois cent mille par an. Le nombre de décès par suicide est quant à lui de huit mille cinq cent en deux mille dix sept.
Est considéré et intégré dans les statistiques, le passage à l’acte d’une tentative de suicide, la préparation du matériel sur les lieux pour se suicider même si la personne au dernier moment range le matériel.

Les trois quart des décès proviennent des hommes. Ils ont des difficultés à exprimer leurs émotions, se renferment plus sur eux. Ils utilisent des procédés violents (arme à feu, saut d’un lieu élevé, phlébotomie). Ils veulent ne prendre aucun risque de louper le geste, que la mort soit rapide et ne pas souffrir.
Quant à la femme, c’est un procédé plus doux comme l’IMV (Ingestion Médicamenteuse Volontaire). Le but n’est pas de ne pas souffrir durant l’acte mais seul la finalité compte.
Le procédé le plus utilisé est la pendaison pour les deux sexes.

La population la plus à risque face au suicide est celle en responsabilité (chef d’entreprise, les métiers de l’ordre, le corps médical et paramédical et le milieu agricole). C’est la population qui possède les moyens à disposition dans le cadre de leur activité professionnelle pour passer à l’acte.
Il faut aussi citer les personnes souffrant d’une pathologie psychiatrique (comme par exemple l’état dépressif majeur) qui sont aussi fortement exposées.

Quant aux périodes de vie les plus exposées :

  • les adolescents font beaucoup de tentative de suicide avec peu de décès.
  • Les adultes font des tentatives de suicide ayant pour cause le contexte familial, professionnel.
  • Les personnes retraitées sont un public fortement exposé ayant pour cause la vieillesse, l’isolement.

Le suicide n’est pas héréditaire. Hors dans des familles où il y a des antécédents de suicide, la répétition est plus fréquente. C’est l’influence de la transmission du schéma familial inconscient.

Neuf décès sur dix par suicide a un processus suicidaire structuré. Dix pour cent des décès par suicide correspondent à un raptus suicidaire.
Celui-ci revient à une pulsion de mourir sur l’instant, une perte de contrôle de soi à travers une attitude automatisée, limite d’un comportement réflexe. Cela concerne principalement les personnes atteintes d’un trouble grave psychiatrique.

La psychiatrie au soleil

A. Idées noires et idées suicidaires

  • Les idées noires :

Les idées noires reviennent à une situation de crise où la personne en quête de solutions rumine beaucoup. Les idées noires peuvent s’associer à avoir quotidiennement des pensées négatives. Les idées noires contrôlables sont des pensées morbides non contrôlables mais qui sont critiquées par la personne qui n’a pas d’intention de passer à l’acte.

  • Les idées suicidaires :

Les idées suicidaires reviennent à une situation de crises où la personne a des idées noires et imagine que la mort est une des solutions. Il faut distinguer les idées suicidaires avec ou non un scénario indiquant la position de la personne dans le processus suicidaire.

B. Le processus suicidaire

Le processus suicidaire se construit dans le temps. Il se déroule en cinq étapes :

  1. Le déclanchement :
    Il est nécessaire qu’une situation de crise se présente. Par exemple on peut citer l’annonce du confinement, le risque de liquidation, une demande de divorce, le décès brutal d’un proche. Cela implique une augmentation rapide du niveau d’anxiété. C’est une névrose d’angoisse.
  2. La résistance :
    Pour réduire la crise et ses effets sur soi, la personne utilise toute son énergie physique et psychique quotidiennement. Cela implique des troubles du sommeil, de l’alimentation. C’est la nécessité naturelle de réagir et d’être dans une recherche active de solutions. La crise prend toute la place dans la tête. Elle isole et fatigue à force d’essayer de trouver des solutions. A ce moment-là, les idées noires apparaissent.
  3. L’effondrement :
    La crise se prolonge sans solution apparente. Le système de pensée sature et s’arrête. Son cerveau est en sidération. La crise guide l’obligation de trouver une solution pour arrêter de souffrir. A ce moment-là, les idées suicidaires apparaissent. La mort fait partie des solutions.
  4. L’abandon de l’élan vital :
    Les mécanisme de défense s’organisent pour essayer de contenir cette anxiété majeure et cette surcharge émotionnelle très éprouvante. Le processus suicidaire se structure. La personne pense de plus en plus que le meilleur moyen de ne plus souffrir est de se donner la mort. C’est comme si qu’avec le temps, la personne se convainc de cette possibilité. La solution est adoptée de quitter ce monde pour ne plus souffrir. C’est à ce moment-là où la personne apparaît plus détendue, comme si elle était soulagée de ne plus souffrir. Elle commence à organiser son scénario.
  5. L’organisation et la finalisation du plan suicidaire :
    La personne organise sereinement son scénario suicidaire, reposant généralement sur une symbolique personnelle (date en lien avec un événement familial comme par exemple une date de mariage). Elle est en hypothermie psychique qui s’ouvre sur une nouvelle perspective : la finalisation du plan d’action. Elle répond à la question quand, où, comment. A ce stade, la souffrance est totalement absente. La durée entre l’établissement du scénario et le passage peut prendre plusieurs jours ou plusieurs mois pour répondre au besoin de marquer les esprits des proches à travers la date symbolique.

C. Prévenir et accompagner

Le principe est que plus une personne verbalise ses souffrances et ses pensées suicidaires plus elle est en souffrance et plus elle a besoin d’écoute sans tabou sur ce sujet. L’erreur est d’esquiver ce sujet car il est trop sensible pour soi. Parler directement du suicide n’a jamais poussé quelqu’un qui n’y pensait pas à y penser.
L’idée est d’évaluer le degré de souffrance en lui posant des questions simples, fermées et directes. En fonction du stade où il est dans le processus suicidaire, il faut intervenir d’une manière adaptée. Par exemple si la personne souhaite se suicider avec son fusil de chasse, il est nécessaire alors de récupérer son arme personnelle.


Les personnes qui font une tentative de suicide ne souffrent pas d’un trouble mental mais elles sont assommées par la souffrance d’une situation devenue insupportable et impensable.


Le calme qui suit une période de grande fragilité ne signifie pas toujours que la crise est passée. Il faut justement être plus vigilent de la part des aidants au changement trop rapide de comportement complété par un regain d’énergie. Il faut garder en tête que lorsque le processus s’établi et se cristallise, la personne est plus sereine. Une personne qui rentre dans ce processus, projette trois quarts des signaux d’alerte avant de passer à l’acte, même sous le ton de l’humour. Mais ces signes sont très peu indentifiable de la part de l’entourage. Une personne qui va très mal peut paraître bien.

Comme indicateurs, on peut noter :

  • les antécédents familiaux de suicide ou de tentative de suicide et les antécédents personnels
  • les relations familiales et professionnelles
  • l’aspect somatique et psychologique
  • les relations sociales

Pour intervenir face à une crise suicidaire, il faut évaluer le risque (facteurs de risque et de protection), le degré d’urgence et la dangerosité de l’accès aux moyens servant le support du passage à l’acte intentionné.

Conclusion

Envisager la mort pour trouver une paix intérieure n’est pas anodin. Est-ce que le suicide est un acte lâche ou courageux? La réponse varie t-elle en fonction de la culture de chacun et de ses croyances? Que penser du suicide encadré médicalement? L’addiction à un produit n’est-elle pas une forme de suicide plus démocratique?

Toujours est-il que déjà, perdre un proche d’une façon violente ou naturelle est un choc personnel émotionnel et provoque une dépression, alors que perdre un proche à travers le suicide est encore plus violent pour l’entourage et pour celui qui découvre le corps qui provoque généralement un traumatisme profond qui ne passe pas avec le temps.

Comment prévenir le suicide et le processus suicidaire dans une société où tout va plus vite?

Prévenir le suicide
dans le contexte actuel,
s’arrête à la raison du Nouvel Ordre Mondial

Nunsuko, artiste Humaniste

Article publié le, 22/10/2020

Sources

https://www.who.int/mental_health/suicide-prevention/fr/

https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2019/suicide-et-tentative-de-suicides-donnees-nationales-et-regionales

https://www.ameli.fr/assure/sante/urgence/pathologies/crise-suicidaire-tentative-suicide

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