L’état névrotique

L’état névrotique

Introduction

En soi, être anxieux est un processus naturel et normal pour toute personne lors d’une situation stressante ou en attendant un événement personnel qui se déroulera dans un futur proche (mariage, examen). Néanmoins, lorsque le stress est irraisonné, excessive et a des conséquences sur le quotidien sur plus de trois mois cela devient pathologique. Le phénomène est toujours le même : une inquiétude, un sentiment d’insécurité (anxiété) et une crise d’angoisse. Le trouble anxieux est un des troubles composant la névrose.

L’état névrotique comprend :

  • La névrose obsessionnel
  • la névrose hystérique
  • la névrose phobique
  • le trouble anxieux généralisé
  • l’attaque de panique

L’origine de développer une névrose est commune, cela fait souvent suite à un événement vécu comme traumatisant.
L’origine d’avoir un terrain anxieux sans que cela devienne pathologique dépend du facteur environnemental et familial, génétique principalement. Il faut y associer le caractère, la personnalité de la personne et des ses expériences personnelles. Certains utilisent des stratégiques pour faire baisser la tension interne au quotidien lors lors d’un événement ponctuel stressant à travers la consommation de produits (alimentation, drogue).

Une névrose est une peur de l’avenir avec des répercussions physiques (palpitation, douleurs ciblées, rougeur, sueur) propre à chacun. Ce trouble est accès sur un dysfonctionnement de la gestion des émotions. La personne est consciente de ses troubles (hormis pour l’hystérie).
Il se peut que la personne ait une agitation psychomotrice anxieuse. C’est à dire qu’elle est logorrhéique et dispersée en lien avec une perturbation émotionnelle, généralement accès sur la peur (elle brasse de l’air).

Le trouble névrotique s’accompagne par un traitement par anxiolytique et des entretiens de psychothérapie à travers notamment la technique de TCC. La personne peut aussi participer à des ateliers pour apprendre les techniques de relation à appliquer lorsqu’une crise d’angoisse se met en place.

La névrose concerne actuellement deux fois plus de femme que d’homme. Un quart de personne connaîtra au mois une fois dans sa vie un trouble anxieux.

Docteur Suture – Pierre Viguié

A. La névrose obsessionnelle

La névrose obsessionnelle résultat par des pensées non maîtrisables qui se multiplient qui provoque une angoisse. Pour éviter la souffrance morale d’une forte intensité, la personne adopte des comportements, des gestes en continu.

La personnalité obsessionnelle a un fonctionnement qui lui est propre.
Elle :

  • a un comportement rigide
  • a besoin de maîtrise absolue
  • a des idées fixes
  • est méticuleuse, précautionneuse
  • a une très grande capacité de mémoire
  • est extrêmement rancunière
  • est perfectionniste envers elle et les autres
  • a une propreté vitale
  • ne supporte pas l’imprévu
  • a un sentiment d’impossibilité, d’incompétence
  • besoin d’élargir son savoir
  • met à distance ses émotions car a besoin de tout maîtriser
  • a une angoisse maladive de la mort
  • adopte un comportement rigide et stéréotypé
  • est constamment dans le doute
  • a du mal à passer à l’action
  • est tenace, timide, têtue et peu influençable
  • est rarement en colère mais lorsque ça déborde, ça explose
  • demande peu d’aide
  • place la loi et justice à un haut degrés
  • est ponctuelle
  • est très fidèle, c’est une personne sur qui on peut compter
  • a des difficultés à partager
  • a un goût prononcé pour les biens matériaux
  • est avare et collectionneuse
  • est froide et distante
  • intellectualise tout

Néanmoins, cela devient pathologique lorsqu’elle allie deux fonctionnements internes :

  1. des obsessions sur une thématique précise : des idées, des pensées, des représentations récurrentes faisant irruption dans la conscience. La personne les repère, les critique, les trouve débile et essaye de les ignorer mais n’y arrive pas. Il y a les obsessions idéatives (la pensée repose sur des pensées pragmatiques comme les mots, les chiffres, des pensées philosophiques comme la morale, la vie et la mort ou des pensées sur des comportements) et les obsessions phobiques (qui contrairement au trouble phobique, cette obsession se manifeste en dehors d’un environnement stressant comme par exemple la peur d’un cancer, des microbes, de passer à l’acte).
  2. des compulsions qui se manifestent par des comportements répétés : à travers des rituels particuliers dont il est dépendant pour une finalité ciblée, afin de faire diminuer l’angoisse qui monte. Il le fait dans l’injonction personnelle.

Dans ce cas, on parle de Trouble Obsessionnelle Compulsif (TOCS).
Comme support pathologique, on distingue quatre thématiques fondamentales :

  1. l’hygiène : par exemple, elle peut se laver les mains plusieurs fois d’affiler, ou nettoyer constamment l’endroit où une personne vient de passer à son domicile.
  2. la vérification : par exemple, elle peut vérifier plusieurs fois d’affiler si la porte de la maison est bien fermée.
  3. l’ordre : la personne peut par exemple passer son temps à ranger au millimètre prêt ses objets au sein de son logement.
  4. la précision : la personne peut par exemple passer une heure pour écrire une phrase afin de chercher le mot ou la formule parfaite, ou à compter.

En règle générale, le névrosé obsessionnel possède une stérilisation de l’affectivité plus ou moins marquée. Il a peu d’estime de soi et une image négative de lui qui donne l’information que son agressivité est entièrement intériorisée et canalisée à travers les compulsions. La pensée superpose les actes ce qui implique de rester bloqué et de ne pas agir. Il est aussi incapable d’être spontané et de s’adapter dans une ambiance collective car il est dans le contrôle, il est inenvisageable de lâcher-prise. L’obsession et la compulsion guident sa vie. Les TOC concernent plus les hommes que les femmes.
Dans l’avenir, la personne obsessionnelle est extrêmement fatigué par sa névrose. Cela peut déclencher un état dépressif. La personne a conscience de son trouble mais le subit.

La névrose obsessionnelle va se manifester en public par des somatisations ou des plaintes avec des prédilections sur un fond anxieux.

B. La névrose hystérique

La personnalité hystérique a un fonctionnement qui lui est propre.
Elle :

  • a beaucoup de demande
  • vit dans l’anticipation
  • idéalise l’avenir ce qui la conduit à ne jamais être heureuse
  • dramatise, somatise d’une manière amplifiée et peut aller jusqu’à se sentir paralysée
  • surjoue les affects pour éviter de montrer ce qu’elle ressent vraiment
  • est beaucoup dans la plainte
  • se met en scène constamment en public (crie, appel au secours, passe du rire aux larmes)
  • est égocentrique
  • a une dépendance affective
  • a un sentiment d’abandon et d’échec
  • joue à la séduction
  • place l’autre en position de maître

D’un point de vue relationnel, elle :

  • est une personne factice
  • entretien une relation superficielle, même si son vécu est intense
  • est exubérante et excentrique
  • est envahissante et très manipulable
  • est mythomane et ne supporte pas d’être ignorée

La névrose hystérique est principalement féminine. On dit que c’est un comportement histrionique.
Les symptômes sont de l’ordre somatique (motricité, sensoriels avec une douleur ou une anesthésie et des troubles de la sensorialité) ou sont plus spécifiques (insomnie, évanouissement bénin, altération de la conscience ainsi que de l’intelligence et de la mémoire). Ces symptômes sont transitoires et sans atteinte du corps réel.

Paradoxalement, l’hystérique a un rapport particulier au corps. Elle est inhibée au niveau de sa partie génitale où l’acte sexuel est une réel épreuve (frigidité, impuissance, dégoût) et désinhibée avec le reste de son corps avec un contact érotisé où elle est soumis à des excitations sexuelles permanentes.

La personne hystérique toujours insatisfaite et dépendante affectivement, a besoin d’attirer l’attention sur soi quitte à faire inconsciemment de la provocation et de la séduction en public. Il érotise la relation jusqu’à avoir créée la relation. Contrairement au pervers narcissique qui manipule en toute connaissance de cause, l’hystérique lui le fait inconsciemment.
L’étape suivante implique paradoxalement un retour de veste de la part de la névrosée hystérique en étant dans la fuite ou l’amnésie. Elle oublie ses engagements. L’hystérique transforme le monde qu’il perçoit. C’est à dire qu’il invente et crée ce qu’il perçoit. Par exemple, il érotise une relation humaine qui à la base, ne l’était pas.

Enfin, la personne s’identifie à l’homme comme à la femme en occupant le rôle de l’exclu qui donne du sens à une tristesse très présente contrairement à ce qu’il laisse voir. Il s’identifie à sa propre insatisfaction.

C. La névrose phobique

La phobie est une peur irraisonnée et constituée d’un objet, d’un être vivant, d’un groupe, d’un élément naturel ou d’une situation déterminée qui, eux-mêmes, ne représentent aucun danger. Le phobique est conscient de l’irrationalité de sa phobie et il souffre du fait que son comportement est régi par l’évitement de l’objet phobogène et la crainte de lui être confronté inopinément. Lorsqu’il est confronté à l’objet phobique, il est assailli par une attaque de panique et mène en général des conduites d’évitement du contexte qui le rend anxieux.

Il existe différents types de phobie, voici les principales :

  • Les phobies caractérisées : revient à une peur non maîtrisable d’animaux particuliers, d’objets matériels, des transports, des lieux clos, d’éléments, de la nuit.
  • l’agoraphobie : revient à une peur non maîtrisable pour l’ensemble des lieux extérieurs où il y a du monde où la personne ne peut pas s’échapper d’une manière simple.
  • la phobie sociale : revient à une peur non maîtrisable lorsque la personne est en relation avec d’autres. La personne est anxieuse sur le fait de ne pas contrôler par exemple le fait de rougir, de s’exprimer en public.

La phobie peut-être considérée comme :

  • la peur d’avoir peur ,
  • la peur de l’insécurité,
  • la peur de la non-maîtrise de la situation,
  • de l’envahissement des troubles émotionnels,
  • de la perte de contrôle par rapport à l’extérieur (environnement) que par rapport à l’intérieur (pensée, émotion, scénario catastrophe).

De plus, la phobie édifie un gouffre temporel : celui de l’angoisse. Le temps d’un instant devient éternel. Le phobique est dans le présent, sans futur à l’horizon, et sans passé à l’arrière plan.
Si bien que le présent peut être éternisé de deux façon :

  • le temps figé
  • le temps de fuite devant le réel insupportable

De façon générale, on note que le caractère phobique rassemble quelques éléments typiques : la timidité, l’hyperémotivité, l’inhibition, l’état d’alerte constant, la passivité.

Le trouble phobique intervient lorsque la personne a depuis au moins six mois :

  • tension motrice
  • troubles neuro-végétatifs
  • palpitations
  • obsession de rencontrer sa phobie
  • trouble du sommeil

La névrose phobique chez l’enfant concerne un objet et chez l’adulte une situation. La personne utilise des stratégies d’évitement et trouve des outils pour contourner sa phobie.

D. Le trouble anxieux généralisé

Le Trouble Anxieux généralisé (TAG) revient à une peur, à un état de stress sans objet (contrairement à une crise d’angoisse) qui prend des proportions disproportionnées sans pouvoir se raisonner. La personne est paniquée sans qu’une situation la déclenche. La personne est constamment sur un mode défensif, constamment en vigilance. La personne fait une crise de panique.

D’après le DSM-5, il faut réunir différents critères :

  • un trouble anxieux concernant deux thématiques (santé, argent, famille, travail, études) qui traîne journalièrement depuis plus de six mois
  • une incapacité à gérer et contrôler ses préoccupations mentales
  • avoir trois symptômes parmi : la fatigue, le trouble du sommeil, une difficulté de concentration, être agressif, être agité, sentir des tensions au niveau de ses muscles

Les symptômes sont les suivants :

  • des tensions dans tout le corps, de la fatigue, une agitation physique et psychique
  • un mode d’ultravigilante avec une impossibilité de se concentrer, des difficultés liées au sommeil et un caractère irritable.
  • des signes physiques comme avoir la bouche sèche, des mains froides et moites, de la sudation, des troubles digestifs, des douleurs au crâne.

E. Le trouble de panique

L’attaque de panique correspond à l’apparition unique et directe d’une forte sensation de peur, d’une pensée brutale de mort imminente en perdant toute capacité de recul dans un contexte où la personne n’est pas en danger vital.

Les symptômes sont principalement somatiques :

  • une sensation de palpitations cardiaques, le cœur s’accélère avec une forte sudation, des tremblements dans tout le corps.
  • une sensation de ne plus pouvoir respirer voir d’étouffement et une envie de vomir.
  • une sensation d’engourdissement dans tout le corps proche de l’évanouissement
  • une sensation psychotique de dépersonnalisation, d’un détachement de la réalité

Ces sensations dure une demi-heure en moyenne et intervienne soit instantanément, faisan suite à un traumatisme ou suite à une prise de drogue.

Le trouble de panique revient donc à plusieurs épisodes d’attaque de panique qui formate la personne à avoir des ruminations anxieuse de refaire une telle crise.

F. Accompagnement

L’accompagnement du trouble névrotique se base sur plusieurs aspects :

  1. la psychoéducation : sur l’hygiène de vie (gestion des boissons stimulations, de l’alcool, tabac, le sport), les techniques de relaxation pour maîtriser la gestion émotionnelle et se détacher de son environnement pour se concentrer sur soi.
  2. Les groupes de parole : en groupe pour pouvoir échanger avec d’autres personnes sur la maladie et ne plus se sentir seule, ou en individuel pour pouvoir libérer sa souffrance.
  3. La psychothérapie : le but est de faire diminuer les symptômes et d’être plus en phase avec son environnement. La finalité est de reprendre confiance en soi et de rétablir ses capacités.
  4. Les TCC : les Thérapies Comportementales et Cognitives afin de remplacer les pensées négatives et les comportements non appropriés par des idées et des gestes en phase avec la réalité et non son imaginaire.
  5. La psychanalyse : afin de faire remonter en surface des souvenirs entassés en soi pour pouvoir travailler dessus.
  6. Les traitements : l’objectif est de permettre à la personne malade de pouvoir continuer ses activités de la vie quotidienne sans être trop impacter par les symptômes du trouble. Il propose généralement des anxiolytiques, des psychotrope ou des benzodiazépines. Parfois lorsque l’épisode est trop aigu, il est envisagé une hospitalisation.

Conclusion

Sommes-nous tous concernés par la névrose? A priori oui, mais chacun s’adapte à sa manière face à un événement stressant.

Comment traiter dans la durée un TOC, ou une personnalité histrionique? Cela repose sur les capacités propre à chacun. La fragilité reste présente après est-il possible d’en faire une force?

Traiter dans la durée
un trouble névrotique,
s’arrête à la raison du Nouvel Ordre Mondial

Nunsuko, artiste humaniste

Article publié le, 19/08/2020

Source

https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=nevrose_pm

https://www.doctissimo.fr/html/sante/encyclopedie/sa_1002_nevroses.htm#

https://www.santemagazine.fr/sante/maladies/maladies-mentales/les-nevroses-sommes-nous-tous-concernes-171892

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