La proxémie

Introduction

Né au Etats-Unis d’Amérique, Edward Twitchell Hall était un anthropologue (qui étudie l’Homme dans son intégralité ou au sein d’un groupe dans un contexte précis). Il s’est spécialisé dans l’humaniste interculturel.

L’histoire retiendra son livre datant de mille neuf cent soixante six; « La dimension cachée ». C’est une analyse qui va dans le prolongement des essais précédents réalisés par d’autres personnalités de ce courant sur la question de la proxémie.
Ce livre part du constat où les animaux inconsciemment, adoptent des comportements adaptés à la distance qui les séparent d’autres animaux de leur espèce ou pas.
Généralement, on peut dire qu’il y a quatre zones :

  1. le périmètre de fuite : l’animal est à une distance raisonnable d’une autre bête pour se sauver.
  2. le périmètre critique : l’animal est à proximité directe d’une autre bête où son moyen de défense est d’attaquer.
  3. le périmètre personnel : l’animal est à une distance respectable d’autres bêtes où son comportement reste inchangé.
  4. le périmètre social : l’animal vivant en groupe est éloigné des autres bêtes de son espèce et est sujet à une très forte anxiété.

La distance varie selon les espèces mais le fonctionnement est commun à toutes.

Il transpose ce comportement à l’Homme où il détermine qu’une personne stable a quatre bulles de défense de sa personnalité lorsqu’il entre en contact avec une autre personne. Il y a différents critères qui interviennent comme la culture de la personne, le type de relation en autre.
Il en liste quatre :

  1. l’espace intime
  2. l’espace personnel
  3. l’espace social
  4. l’espace public

A. L’espace intime

Edward Twitchell Hall considère que la distance intime intervient lorsque deux individus sont en relation éloignés d’une distance inférieure ou égale à quarante-cinq centimètres.

Dans cette sphère, il nuance deux sous-parties avec des caractéristiques appropriées : le rayon intime proche et le rayon intime éloigné.

1/ Le périmètre intime adjacent

  • La distance :

Inférieure ou égale à quinze centimètres.

  • Le contexte idéal :

Approprié aux relations intimes avec son partenaire, les câlins avec un environnement bienveillant, ainsi que des moments où l’on peut être posé à coté d’un membre de sa famille ou lors de soirée entre amis.

  • Réaction dans un contexte non approprié :

Sensation d’une forte agression personnelle et de danger.

  • Les effets sensoriels :

Le sens du toucher est très sensible, les deux personnes sont à proximité directe, parfois peau contre peau ce qui implique de ressentir la chaleur corporelle de l’autre ainsi que ses os, ses muscles, ses mouvements, ta tension interne par exemple.
Le sens de l’odorat est très sensible, la personne respire l’odeur corporelle, le parfum et l’haleine de l’individu.
Le sens de la vue est perturbé, la vision semble être flou.
Le sens de l’ouïe est très sensible, c’est à dire qu’il faut parler doucement limite chuchoter.

2/ Le périmètre intime distant

  • La distance :

Comprise entre seize et quarante cinq centimètres.

  • Le contexte idéal :

Approprié pour des confidences, se saluer, jouer avec ses enfants, dans les transports publics, dans les administrations, au travail.

  • Réaction dans un contexte non approprié :

Lors d’une bagarre, on peut être aussi se sentir stressé, angoissé par exemple, oppressé par la présence de l’autre trop proche de soi.

  • Les effets sensoriels :

Le sens du toucher est très sensible, les deux personnes peuvent se toucher mutuellement (à un demi-bras de l’autre). On ne ressent plus la chaleur corporelle de l’autre.
Le sens de l’odorat est très sensible, la personne respire l’odeur corporelle, le parfum et l’haleine de l’individu.
Le sens de la vue est perturbé, une vision qui donne parfois la sensation de bigler où l’on peut zoomer sur une partie du visage. Lecture d’un angle précis d’observation du comportement non verbal.
Le sens de l’ouïe est très sensible, c’est à dire qu’il faut parler doucement et clairement.

B. L’espace personnel

Edward Twitchell Hall considère que la distance personnelle intervient lorsque deux individus sont en relation éloignés d’une distance allant de quarante-six à cent vingt cinq centimètres.

Dans cette sphère, il nuance deux sous-parties avec des caractéristiques appropriées : le rayon personnel proche et le rayon personnel éloigné.

1/ Le périmètre personnel adjacent

  • La distance :

Comprise entre quarante six et soixante quinze centimètres.

  • Le contexte idéal :

Approprié pour des discussions de l’ordre privé, pour un échange entre collègues de travail par exemple être assis autour d’une table. Distance qui indique la proximité entre les deux personnes. Contexte sécurisant et convivial.

  • Réaction dans un contexte non approprié : 

Sensation de relation trop proche avec une personne avec qui on ne s’entend pas forcément. Nécessite de prendre sur soi avec une montée de tension interne.

  • Les effets sensoriels :

Le sens du toucher est sensible, les deux personnes peuvent se toucher mutuellement (lorsque l’un tend le bras et l’autre non).
Le sens de l’odorat est sensible, la personne respire uniquement l’haleine et le parfum de l’individu (si ceux-ci sont importants).
Le sens de la vue est ciblé et net, une vision qui se concentre sur une moitié du corps de la personne. Cela a l’avantage de nuancer avec précision.
Le sens de l’ouïe est sensible, c’est à dire qu’il faut utiliser un ton calme, posé. Conversation distincte on l’on perçoit encore les chuchotements.

2/ Le périmètre personnel distant

  • La distance :

Comprise entre soixante seize et cent vingt cinq centimètres.

  • Le contexte idéal :

Approprié pour des discussions entre amis, avec des membres de sa famille sur des sujets qui semblent importants à leurs yeux. Dans des conditions de travail on retrouve cette distance. Valorisation la compréhension de la situation.

  • Réaction dans un contexte non approprié : 

Réaction identique que pour le périmètre personnel adjacent.

  • Les effets sensoriels :

Le sens du toucher est sensible, les deux personnes peuvent se toucher mutuellement (lorsque les deux personnes tendent leurs bras).
Le sens de l’odorat est peu sensible, la personne distingue brièvement l’haleine et le parfum de l’individu.
Le sens de la vue est ciblé et net sur une vision totale du corps lorsque celui-ci est assis.
Le sens de l’ouïe est sensible, le chuchotement est désormais non accessible, réceptif aux intonations pondérées.

C. L’espace social

Edward Twitchell Hall considère que la distance sociale intervient lorsque deux individus sont en relation éloignés d’une distance allant de cent vingt six à trois cent soixante cinq centimètres.

Dans cette sphère, il nuance deux sous-parties avec des caractéristiques appropriées : le rayon social proche et le rayon social éloigné.

1/ Le périmètre social adjacent

  • La distance :

comprise entre cent vingt six et deux cent dix centimètres.

  • Le contexte idéal :

Approprié pour des relations amicales où l’entente est cordiale mais ne va pas plus loin ou lors de session de travail sur un projet commun.

  • Réaction dans un contexte non approprié : 

Lorsque l’une des deux personnes a une confidence à faire, cette distance est justement trop sociale et non personnelle.

  • Les effets sensoriels :

Le sens du toucher est inexistant.
Le sens de l’odorat est inexistant.
Le sens de la vue est sensible. Vision de l’ensemble du corps pratiquement dans son intégralité lorsque la personne est debout.
Le sens de l’ouïe est clair, la conversation est audible sans difficulté.

2/ Le périmètre social distant

  • La distance :

comprise entre deux cents onze  et trois cent soixante cinq centimètres

  • Le contexte idéal :

Approprié lorsque l’on ne connaît pas la personne et que l’on souhaite la voir dans sa totalité. Utilisé par les Ressources Humaines pour réaliser des entretiens d’embauche ou autre. Distance du formel.

  • Réaction dans un contexte non approprié : 

Trop proche lorsque son directeur expose un projet et trop loin lorsque l’on veut recadrer son enfant par exemple.

  • Les effets sensoriels :

Le sens du toucher est inexistant.
Le sens de l’odorat est inexistant.
Le sens de la vue est sensible. Vision de l’ensemble du corps dans son ensemble lorsque la personne est debout. Possibilité de capter les gestes parasites.
Le sens de l’ouïe est clair, la conversation est audible avec une certaine concentration.

D. L’espace public

Edward Twitchell Hall considère que la distance publique intervient lorsque deux individus sont en relation éloignés d’une distance supérieure ou égale à trois cent soixante six centimes.

Dans cette sphère, il nuance deux sous-parties avec des caractéristiques appropriées : le rayon public proche et le rayon public éloigné.

1/ Le périmètre public adjacent

  • La distance :

comprise entre trois cent soixante six et sept cent cinquante centimètres.

  • Le contexte idéal :

Approprié lorsque l’on veut faire une présentation devant un public moyennement nombreux. Le présentateur a la possibilité de se sauver (distance de fuite animal).

  • Réaction dans un contexte non approprié : 

Lorsqu’il y a très peu de personnes devant soi, distance estimée trop éloignée. Non adapté quand il est nécessaire de faire participer activement les participants.

  • Les effets sensoriels :

Le sens du toucher est inexistant.
Le sens de l’odorat est inexistant.
Le sens de la vue est complète. Vision à cent quatre vingt degrés. Visualise la communication non verbale de l’orateur. Vision du second plan qui commence à être flou.
Le sens de l’ouïe est clair lorsque la personne s’exprime avec une intonation soutenue.

2/ Le périmètre public distant

  • La distance :

supérieure ou égale à sept cent cinquante et un centimètres.

  • Le contexte idéal :

Discours devant un grand nombre de personnes où l’événement est cadré dans la prise de parole.

  • Réaction dans un contexte non approprié : 

peu de personnes qui écoutent. Non adapté lors de travail en commun et aux échanges.

  • Les effets sensoriels :

Le sens du toucher est inexistant.
Le sens de l’odorat est inexistant.
Le sens de la vue est complète. Vision à cent quatre vingt degrés. Visualise parfaitement la communication non verbale de l’orateur. Vision du second plan floutée.
Le sens de l’ouïe est clair lorsque la personne s’exprime avec une forte voix ou utilise un micro.

Conclusion

Les distances en centimètre sont bien évidemment des bornes fictives. Cela donne juste une idée de la distance approximative des relations entre Européens.

Parfois, nous ressentons un malaise lorsque nous parlons avec un tiers. En écartant l’idée d’être réservé, on peut se poser la question si la distance que nous avons mis avec l’autre personne est en phase avec le contexte de la communication et notre type de rapport (professionnel, amicale, familiale). Par exemple, si on a une relation difficile avec l’autre, l’idée est peut être de respecter sa distance personnelle.
Autrement, certaines maladies psychiatriques impliquent que le fonctionnement psychiquement propre des sphères de protection soit perturbé.
Enfin, parfois on peut se sentir agresser lorsqu’une personne stable nous parle trop près. On peut se poser la question si ses habitudes, sa culture n’ont pas constituées ses propres distances de protection qui ne sont évidemment pas les notre.

Maîtriser la proxémie lorsque l’on discute
en se basant sur la théorie d’Edward T. Hall,
s’arrête à la raison du Nouvel Ordre Mondial

Article publié le, 18/01/2018

Sources

https://www.psychologie-sociale.com/index.php/fr/dossiers-de-lecture/30-la-proxemie

https://zeboute-infocom.com/2013/01/18/proxemie-espace-communication-distance-hall/

http://theses.univ-lyon2.fr/documents/getpart.php?id=lyon2.2007.poncet-jeanne_m&part=203631

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