Colorants alimentaires

Introduction

Un colorant alimentaire est une substance chimique volontairement intégrée dans de la nourriture afin d’améliorer son aspect.
La majorité de cet additif alimentaire est dépourvue de valeur nutritive.

On retrouve ces colorants dans une forte quantité de produits issus de l’industrie agroalimentaire : les confiseries, la charcuterie, les produits surgelés et les glaces, les fruits et légumes, les viandes, les biscuits, les féculents, les matières grasses (beurre), les boissons gazeuses et les sirops.
Cette liste non exhaustive, donne un bon aperçu de son omniprésence.

Les colorants alimentaires se distinguent en trois familles :

  1. Les colorants naturels : prélevés à partir de matières organiques (végétaux, animaux, champignons) ou inorganiques (minéraux).
  2. Les colorants de synthèse : créés en laboratoire mais possédant une structure moléculaire identique aux colorants naturels.
  3. Les colorants artificiels : créés en laboratoire mais leurs structures moléculaires n’existent pas dans la nature.

Le premier colorant artificiel a été élaboré par William Henry Perkin en 1856. C’est la mauvéine, utilisée pour la laine et la soie. Quant au premier colorant artificiel alimentaire, il fut créé en 1882. C’est le jaune quinoléine. Depuis cette date, les colorants artificiels ont intégré la nourriture.

Avant cette découverte, les colorants alimentaires étaient tous naturels. Ils étaient prélevés à partir :

  • de végétaux comestibles ou non (carotte pour sa couleur oranger, betterave pour sa couleur rouge foncé, Crocus Sativus (Safran) pour sa couleur jaunâtre));
  • du résultat d’une transformation d’un corps naturel (caramel pour sa couleur marron);
  • de matières animales ou d’insectes (Coccus Cacti pour sa couleur rouge cochenille).

1. Pourquoi sont-ils utilisés?

Les colorants, naturellement présents dans la nourriture, sont sensibles aux variations climatiques (changement de température, humidité, vent, soleil). Ils perdent progressivement leurs couleurs d’origines. C’est pourquoi, la principale fonction des colorants de synthèse est de compenser sa perte de couleur et de renforcer son pigment d’origine. De plus, le rôle secondaire des colorants est de teindre un aliment qui dans la nature, a une couleur différente.

De nombreuses enquêtes concluent que l’aspect normal et la couleur vive d’un aliment influencent l’Homme dans son choix de consommation. C’est à dire que l’aspect visuel l’emporte dans un premier temps sur la qualité et la saveur de la matière consommable. L’appétissant faciès du produit alimentaire stimule inconsciemment, l’imaginaire gustative du futur consommateur. Par exemple, une personne en général préfère acheter un beurre bien jaune en hiver (alors que naturellement il est beaucoup plus pâle qu’en été), manger une tomate rouge-sang sans tâche verte, boire un verre de menthe bien vert alors que logiquement il est incolore…
Hors, les colorants alimentaires n’ont pas de goût.

2. Leurs structures moléculaires

Sous forme ionique, le bloc d’atomes garant de la coloration d’une matière est nommé le chromophore. Celui-ci intègre certaines longueurs d’onde provenant de la lumière et en résulte de la couleur.  Les différents groupes de chromophore s’établissent en fonction de sa structure moléculaire : il existe les éthyléniques, les carbonylés, les nitrosés, les nitrés, les azoïques et les stilbéniques (le plus utilisé pour les colorants de synthèse).

Il est nécessaire de rajouter un auxochrome (regroupement d’atomes ionisables) dans le produit concerné afin d’y fixer le colorant. C’est l’auxochrome qui permet aussi d’accentuer la couleur d’un aliment. Sa structure chimique est soit basique ou acide.

3. Comment sont-ils référencés?

Sur les étiquettes, les produits alimentaires contenant des additifs sont représentés par la lettre « E » et suivi de trois chiffres. Concernant les colorants alimentaires, la centaine est le chiffre 1. Celui des dizaines se différencie en fonction de la couleur ou de son origine :

  • le « 0 » : la couleur jaune
  • le « 1 » : la couleur orange
  • le « 2 » : la couleur rouge
  • le « 3 » : la couleur bleue
  • le « 4 » : la couleur verte
  • le « 5 » : la couleur brune et noire
  • le « 6 » : les colorants issus de matières végétales
  • le « 7 » et le « 8 » : les colorants issus de matières minérales

4. La réglementation

Conformément au règlement n°1331/2008 de la commission européenne, lorsque l’industrie agroalimentaire prend la décision de mettre sur le marché européen un nouveau colorant, la procédure est la suivante : déposer un dossier présentant des preuves irréfutables de son caractère inoffensif sur la santé à l’E.S.F.A. (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments). Les scientifiques de cette structure officielle évaluent le produit (en l’expérimentant en autre sur des animaux sur du moyen terme). Si le colorant est reconnu « sans danger » par les experts de l’E.S.F.A., un code lui sera attribué (E1..) ainsi qu’une dose journalière admissible (D.J.A.). Le colorant sera enfin autorisé dans l’Union Européenne par les gestionnaires des risques de l’UE.

Le rôle de l’E.F.S.A. ne s’arrête pas là. D’après le règlement n°1333/2008, tout les colorants alimentaires agréés dans l’Union Européenne avant le 20 janvier 2009 doivent être réévalués.

Enfin, le règlement n°257/2010 stipule que l’ensemble des colorants alimentaires peuvent faire l’objet d’un nouvel examen au regard d’informations scientifiques récentes.

5. Les bons et les mauvais colorants

 À ce jour, seulement deux colorants naturels sont officiellement reconnus bénéfiques pour notre santé :

 ?-carotène (E 160a)  Lycopène (E 160d)
Provitamine A, recouvre les besoins fondamentaux de la paroi intestinale, prévient des cancers et du trouble de la vision (épinards, carotte, betterave, abricots) Antioxydant, protège et répare les cellules endommagées, prévient les cancers et du trouble de la vision (tomate, pamplemousse, melon, goyave)

D’après des essais réalisés sur des animaux, voici les trois colorants, autorisés dans l’Union Européenne mais très réglementés, reconnus toxiques pour notre santé :

Rouge cochenille (E 124) Tartrazine (E 102) Amarante (E 123)
Cancer de la thyroïde, tumeur des glandes surrénales Hyperactivité, déficit enzymatique Anomalie des neurones, augmentation de la perméabilité intestinale

Conclusion

Dans le fameux Walt Disney, Blanche-Neige n’a pas hésité une seconde avant de croquer dans l’exquise pomme d’une couleur rouge si attractive. Et pourquoi? Parce qu’inconsciemment, la vive couleur d’un aliment est synonyme de sainteté pour l’Homme. L’industrie agroalimentaire a bien compris cette caractéristique humaine et par conséquent, certains abusent de colorants pour appâter le client et vendre leurs produits. Rappelons qu’un colorant alimentaire n’a pas de goût ni de valeur nutritive (hormis le ?-carotène et le Lycopène).

Concernant les différents essais réalisés par l’E.F.S.A. sur des animaux pour valider un colorant au sein de l’UE , il est nécessaire de préciser que les tests se concentrent uniquement sur le colorant en question. Il ne prend pas en compte un aliment dans son ensemble comprenant d’autres additifs alimentaires (tel que les conservateurs, les édulcorants) et par conséquent, le rapport de complémentarité n’est pas abordé. On ne peut pas remettre en cause les conclusions des scientifiques mais ceux-ci n’intègrent pas un produit dans son ensemble. Effectivement, un additif alimentaire n’est pas dangereux pour notre santé si il est consommé seul et en faible quantité, mais concernant les personnes se nourrissant uniquement de produits issus de l’industrie agroalimentaire riches en additif, on peut s’interroger sur la non-toxicité du produit pour le client sur du long terme. Enfin, les tests sur les animaux ne donnent qu’une information approximative sur la réaction d’une nouvelle matière sur l’Homme parce que les caractéristiques Bête / Homme ne sont pas identiques. C’est pourquoi l’Union Européenne réévalue régulièrement des colorants (additif alimentaire dans son ensemble) parce que le temps est l’un des outils les plus pertinents pour mesurer l’effet d’un nouveau produit mis sur le marché utilisé régulièrement par l’Homme.

L’intérêt nutritif
des colorants,
s’arrête à la raison du Nouvel Ordre Mondial

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