La défense de la personnalité

Introduction

D’une manière involontaire, notre corps intérieur se protège des agressions extérieures perçues comme telles. Il s’y adapte inconsciemment afin de sauvegarder l’équilibre psychique de son type de personnalité prédominante à travers un processus cérébral, le mécanisme de défense de la personnalité. Sigmund Freud, neurologue autrichien,  fût le premier à utiliser ce terme.

Chaque être est unique donc chacun possède un seuil de tolérance face au stress en fonction de différents paramètres complexes (l’enfance, la génétique, les expériences, en autre). Chacun réagit mécaniquement de sa propre manière afin d’y conformer son psychisme pour éviter de perdre pied.

Complété par être – en harmonie avec les besoins de notre personnalité – , ce dispositif naturel permet de ne pas descendre « au sous-sol de notre esprit ».
Une personne dite « normale » utilise ce système instinctivement à bon escient et régule ces situations qui forgent une vie tout au long de son existence sans aucun problème.

Mais lorsqu’une personne est reconnu pour avoir une certaine faiblesse voir une maladie psychiatrique, ce fonctionnement de défense de la personnalité est perturbé :

  • les névrosés : intensité du mécanisme très élevé avec de la tension, mécanisme très sensible, adapté dans le contexte mais qui traîne dans la durée suite à une réaction émotionnelle.
  • les psychotiques : mécanisme déclenché dans un contexte non adapté, non rationnel, risque élevé de passage à l’acte physique.
  • les états limites : absence de défense de la personnalité ou utilise toujours la même, absence d’adaptation du mécanisme face au contexte.

Il existe différents types de réactions qui sont soit sur un versant névrotique ou psychotique sous-jacent. Voici la présentation de dix d’entre eux.

A. Le refoulement

Définition : c’est un processus de défense névrotique primaire reposant sur le fait de rebuter des pensées, des envies intolérablement récusable pour le sens conscient dans la partie inconsciente de l’esprit de la personne. C’est une forme de censure de la clairvoyance instinctive envers la représentation de pulsions inacceptables.
Celle-ci ressortira dans les rêves ou dans des lapsus.

Exemple : l’envie de meurtre suite à un événement traumatisant de la part d’une tierce personne.

B. Le déplacement

Définition : c’est un processus de défense névrotique reposant sur le fait d’arracher une affection propre attribuée à une personne ou à un objet de façon à l’annexer à une autre personne ou à un autre objet « moins hostile ». Cela se produit lorsque la personne n’a pas la capacité d’approuver et d’accepter consciemment un sentiment. Elle le transfert sur autre chose pour maintenir son équilibre psychique.
Cela peut être à l’origine de phobies.

Exemple : un enfant subissant des actes maltraitants de la part de ses parents, où celui-ci est en permanente présence, déplace son dégoût sur un animal.

C. La rationalisation

Définition : c’est un processus de défense névrotique reposant sur le fait de concevoir des explications externes à la personne concernée afin de justifier son échec, ses soucis ou sa façon de se comporter. La personne n’est pas en capacité de se remettre en cause et trouve des arguments logiques sans utiliser le registre des émotions pour expliquer son mode de vie.
Cela peut être à l’origine d’un fonctionnement de déni.

Exemple : une personne échoue à un examen, l’explique en disant qu’il est tombé sur un sujet qui n’a pas été abordé en cours ou mal expliqué alors que celui-ci n’a pas assez révisé.

D. La compensation

Définition : c’est un processus de défense névrotique reposant sur le fait de fuir une sensation de faiblesse physique ou un sentiment de carence par un comportement qui le remplace. La personne se sent inférieur ou ressent une insuffisance utilise la facilité pour le combler au lieu de l’affronter pour s’affirmer et de l’accepter.
Cela peut être à l’origine d’avoir peu de tolérance face à la frustration.

Exemple : une personne non satisfaite sexuellement de son partenaire reste avec mais compense en se masturbant sur des films porno au lieu d’expliquer ses besoins à sa compagne.

E. La sublimation

Définition : c’est un processus de défense névrotique reposant sur le fait de concentrer des états d’âme ou des tendances intolérablement récusable pour le sens conscient vers des actes socialement convenable de l’ordre du religieux, de l’artistique ou de l’intellectuel. C’est aussi l’incapacité d’assouvir sa pulsion en comportement rapportant du plaisir.
Cela peut induire un fonctionnement de fuite.

Exemple : une personne ayant pour trait de caractère l’agressivité, canalise celui-ci en faisant du sport de combat ou en visionnant des vidéos violentes.

F. La dénégation

Définition : c’est un processus de défense névrotique reposant sur le fait d’exprimer publiquement une pensée, un désir, une émotion en utilisant la négation. C’est se défendre consciemment avec force une pensée inconsciente qui ressort en utilisant le « ne pas ». Il présente indirectement ce qu’il est avec la négation. La personne a intégré cérébralement sa pensée mais pas au niveau des émotions.
Cela peut impliquer de fonctionner dans le déni.

Exemple : une personne agressive dit à son auditeur : écoutez moi bien, je ne suis pas quelqu’un d’agressif!

G. La régression

Définition : c’est un processus de défense psychotique reposant sur le fait de perdre des acquis actuels (dans le registre du langage, du comportement, de l’intégration) pour revenir à un stade antérieur d’apprentissage. La personne agira au sein de son contexte d’une manière plus infantile avec les caractéristiques de cette étape ultérieure.
Cela peut être à l’origine d’un fonctionnement immature.

Exemple : un enfant qui accueille un petit frère adoptera un comportement où les besoins de découvrir le monde extérieur seront mis de coté, une communication limitée en terme de mot et une motricité au stade de l’apprentissage (marche peu utilise le quatre-pattes).

H. La projection

Définition : c’est un processus de défense psychotique reposant sur le fait de reporter sur une autre personne des idées, des émotions, des pensées lui appartenant dont son subconscient rejette. Cette personne dans le déni, refuse consciemment d’accepter son affect et la perçoit systématiquement sur autrui.
Cela peut être à l’origine de la la paranoïa.

Exemple : une personne perturbée dans une situation précise au sein d’un groupe ou avec un unique interlocuteur, remettra la responsabilité de sa difficulté d’adaptation sur l’autre convaincu que c’est sa volontaire de le nuire.

I. L’identification

Définition : c’est un processus de défense psychotique reposant sur le fait d’intégrer une caractéristique de caractère d’une autre personne non présente chez soi et de fonctionner à l’identique. C’est un processus normal dans la construction de soi mais pathologique si cela est encore présent une fois adulte.
Cela peut amener une trouble de la personnalité.

Exemple : Une personne s’identifie à un personnage de film et agit comme lui dans le quotidien ou dans des situations bien précises.

J. Le clivage

Définition : c’est un processus de défense psychotique ou d’état limite primaire reposant sur le fait de compartimenter soi même ou l’autre soit en bien ou soit en mal (d’une manière extrême). Il n’y a pas cette prise de recul où l’on assimile qu’on ou autrui, a des éléments positifs et négatifs. C’est soi l’un ou l’autre et la prise de position radicale peut changer d’une minute à l’autre suite à un déclencheur non objectif.
Cela peut amener à être dans un mode constamment interprétatif.

Exemple : Une personne peut considérer son compagnon comme étant un Dieu parfait et être complètement dépendant et d’un seul coup suite à une interprétation subjective d’un regard ou suite à un mot mal intégré, le considère comme le Démon détestable qu’il faut détruire.

Conclusion

Pour résumer, le mécanisme de défense de notre type de personnalité est un processus naturel et inné afin de protéger son esprit des agressions externes ou lors de situation de stress. Il en existe plein.
L’idée est de prendre du recul sur soi pour observer ce que l’on utilise pour nous défendre. L’idée suivante est de tendre vers la sagesse où nous sommes en phase avec ce que l’on est et ce que l’on pense, s’affirmer et accepter les émotions qui nous traverse.

Ensuite nous ne naissons pas tous sous la même étoile et certains en font un usage pathologique inconsciemment. Dans une optique de bienveillance, connaître ces différents mécanismes peut-il nous permettre de mieux prendre soin de notre entourage?

Repérer les mécanismes
de défense de la personnalité,
s’arrête à la raison du Nouvel Ordre Mondial

Article publié le, 30/10/2017

Source

http://psychiatriinfirmiere.free.fr/infirmiere/formation/psychologie/psychologie/mecanisme-defense.htm

http://fulltext.bdsp.ehesp.fr/Rsi/82/31.pdf

https://www.infirmiers.com/etudiants-en-ifsi/cours/cours-psychiatrie-mecanismes-de-defenses.html

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Un commentaire sur “La défense de la personnalité
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